FRENCH FAB. L’INDUSTRIE VA CHERCHER SES BRAS SUR LA PLAGE

Redorer l’image de l’industrie en France et donner envie aux jeunes de s’engager dans cette voie, c’est le but du French Fab Tour. La tournée s’arrêtera sur la place du Palais, aux Sables-d’Olonne, jeudi 1er août, pour « rencontrer les jeunes et leur famille sur leur lieu de vacances », détaille Patrice Begay, directeur exécutif de la communication de la Banque publique d’investissement, partenaire du French Fab Tour. Le but est de toucher 500 000 jeunes en France et de « leur donner envie de travailler dans l’industrie », un secteur qui emploie avec plus de 2 000 postes à pourvoir en Vendée.

Alexandre Rigal, directeur délégué d’Arts et métiers ParisTech, également impliqué dans le projet, déplore que « l’industrie ne parle plus à sa jeunesse ». Pour pallier ce problème, il annonce que des étudiants seront au cœur du Tour et feront visiter le village.

18 dates sur le littoral et six dans l’Ouest

Le French fab tour été débutera le 31 juillet à Pornic, puis le 1er août aux Sables-d’Olonne, le 3 août à Perros-Guirec, le 5 août à Quimper, le 6 août à Saint-Malo et le 8 août à Deauville.

« C’est fantastique de voir l’industrie qui renaît »

La French Fab mise sur des activités festives : un village itinérant avec des animations en réalité virtuelle, un simulateur de vol ou encore un concert en fin de journée. Une initiative nécessaire selon l’industriel Jean-Yves Cougnaud, directeur général de Cougnaud Construction : « Il faut démocratiser l’industrie », insiste-t-il. Paul-Henri Dubreuil, président du directoire du Groupe Dubreuil, va également dans ce sens. Pour lui, « c’est fantastique de voir l’industrie qui renaît. C’est le vrai poumon de l’économie ».
La tournée d’été se déroulera du 15 juillet au 14 août, à travers la France. La French Fab avait été créée en 2017, sous l’impulsion du gouvernement, afin de promouvoir l’image de l’industrie sur le territoire.

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La programmation aux Sables-d’Olonne

Chaque rendez-vous se déroulera selon ce programme détaillé des sables d’Olonne.
17 h – 20 h : activités ludiques, démonstrations, animations des industriels
17 h 30-19 h 30 : sur la scène de la place du Palais de justice, animations et scène musicale présentées par l’animatrice de télévision Sandra Lou.
20 h 15 – 23 h : concert de Talent France Bleu, The Penelopes, Joe Dwet Filé, Patrice, DJ Todiefor

ouest-france.fr

QUAND L’INDUSTRIALISATION FAIT RECETTE

Accélérer la mise en œuvre, s’affranchir des aléas climatiques, limiter les nuisances, réduire la pénibilité sur les chantiers : les avantages de la préfabrication en usine sont relativement consensuels. Toujours plus d’entreprises générales y ont recours en structure comme en façade béton, tandis que les spécialistes de la construction modulaire métallique ou bois ont gagné des positions significatives dans le tertiaire ou les équipements publics. Pour autant, la part de marché de la préfabrication en France reste encore faible. « On estime que 15 % des produits utilisés dans la construction neuve sont issus de la prêfa, alors que ce taux atteint 75 % dans certains pays d’Europe du Nord», détaille Florent Goumarre, directeur marketing du fabricant de produits béton KP1. Quant à la filière de la construction hors site, elle ne génère à ce jour que 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur les 130 milliards d’euros annuels du bâtiment en France.

Frein culturel. Ces procédés doivent encore convaincre les professionnels du bâtiment pour s’imposer réellement sur le marché français. « Il n’y a plus de frein technique, réglementaire ou assurantiel à nos solutions, mais un frein culturel, reconnaît le président de l’Acim, Eric Aurenche. La préfabrication, la standardisation et l’industrialisation sont vues comme des gros mots par certains maîtres d’œuvre et entreprises, alors qu’elles peuvent les libérer des aléas du chantier. Pour les maîtres d’ouvrage, en revanche, l’avantage économique est évident : un projet réalisé en un an au lieu de trois permet un retour sur investissement beaucoup plus rapide… »

Préfabrication et standardisation libèrent des aléas du chantier. Et assurent un retour sur investissement plus rapide.

Aujourd’hui, les préjugés pourraient tomber sous l’effet de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et d’un phénomène de métropolisation. «Le Grand Paris va donner un coup d’accélérateur : il faudra trouver des solutions pour gérer les contraintes liées à l’environnement urbain des chantiers et à la réalisation simultanée de nombreux projets », confirme Florent Goumarre. Les constructeurs modulaires attendent aussi beaucoup de la future réglementation environnementale du bâtiment (RE 2020) afin de valoriser le bilan carbone de cette approche. « Fabriquer en usine permet d’optimiser le dimensionnement des éléments, et donc de générer moins de déchets et d’emballages, tout en facilitant la gestion du recyclage, pointe Christophe Cougnaud, directeur général du leader français du modulaire, Cougnaud Construction. A partir de septembre, tous nos projets seront équipés de panneaux solaires en toiture, et nous allons renforcer la mixité des matériaux pour développer le biosourcé. » La société a d’ailleurs fait de son nouveau siège de Mouilleron (Vendée), inauguré à la rentrée prochaine, le laboratoire de ses solutions constructives : structure métallique avec deux tiers d’acier recyclé, planchers béton bas carbone, et façades bois fabriquées par sa filiale Guillet, acquise en 2016. […]

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